Interview de Jordan Amavi

Jordan Amavi a répondu au journal L'équipe pour une interview. Voici ce qu'il a dit.
Photo OM.net


"Le jour du match contre Rennes a été le moment le plus dur. Ça vient après une accumulation de choses. Je ne suis pas à la hauteur, le public n’est pas content et me le fait ressentir. Dans le vestiaire, je me demande comment j’ai fait pour en arriver là. Je n’étais pas bien."

"J’avais presque les larmes aux yeux de nerfs. J’étais vraiment au fond. Ma tante et mon cousin ont essayé de me rassurer au téléphone. A cet instant, je me sens nul, pas à la hauteur par rapport aux attentes du club, à mes objectifs. Je me suis dit que je n’irai nulle part."

"Les choses se sont gâtées dans la seconde partie de la 1ère saison, après avoir eu un pépin physique. Je n’ai pas douté de suite, j’ai persisté dans ma routine. Je n’étais jamais descendu aussi bas. Et ça m’arrive à l’OM, c’est le destin. Il fallait que j’en sorte plus fort."

"Si j’avais peur de croiser des supporters ? Non, c’est le jeu. Et des supporters Marseillais, on en croise partout. Personne n’est venu m’emmerder. J’ai eu des remarques, mais toujours dans la limite. C’est Marseille, si mentalement tu n’es pas costaud, il ne faut pas venir."

"L'équipe de France ? Il y avait des blessés et je n’avais pas eu l’occasion de jouer mais cela reste un très bon souvenir. Il y a énormément de concurrence au poste de latéral gauche. Si je veux un jour retourner en équipe de France, je dois me surpasser."

"Mon père m’avait présenté un préparateur physique depuis la 2ème partie de la saison dernière. J’ai beaucoup travaillé avec lui, il m’a aidé sur beaucoup de choses, mentalement aussi. J’ai aussi changé des petits détails de ma vie personnelle."

"Mon père, c'est mon pilier. Je l’appelle avant chaque match. Il me sort 2 ou 3 conneries, ça me détend, même si je ne suis pas un stressé de nature. Ma mauvaise période l’a aussi beaucoup affecté, ça m’a touché. C’est aussi pour lui que je me suis battu pour revenir."

"André Villas-Boas m’a convoqué dans son bureau au 1er entraînement après Rennes. C’est quelqu’un de franc, sans langue de bois. Il voulait savoir si mentalement j'allais bien. Je lui ai dit : 'Coach, c’est une mauvaise période, si je lâche, je suis mort... J'accepte vos choix, mais je vais m'accrocher soyez-en sûr. Et ça va revenir.' Ça l’a rassuré. On a continué à parler, à travailler avec la vidéo. Il pense à chaque détail. Tu sais où tu vas. Il dégage quelque chose de fort. Tout le monde pourrait partir à la guerre avec lui."

"Sous Rudi Garcia, je n’ai pas été bon c’est sûr, mais je n’ai pas eu le même soutien. Je ne dis pas qu’ils m’ont mis de côté, car, au bout d’un moment, il a été franc avec moi pour déclencher un déclic. Mais c’était presque trop tard."

"Il fallait revoir les bases défensivement. Ça m’a peut-être rassuré. Quand on commence à gagner ses duels, ça met en confiance. J’essaye de bien défendre, d’être tranchant. Je suis content de ce que je montre en ce moment mais je peux aller chercher mieux."

"Je fais tout pour qu’il n’y ait pas de rechute. En ce moment, je prends beaucoup de cartons et mon père en a marre que je sois suspendu. Un arbitre m’a dit récemment que je mettais beaucoup d’engagement. Mais il ne faut pas abuser avec les cartons."

"Les arbitres sévères avec l’OM ? Oui. On ne se laisse pas marcher dessus c’est vrai. Mais des fois j’ai l’impression que... En fait, avant d’être ici, je m’amusais des gens qui se plaignaient des décisions contre Marseille. Maintenant je comprends ce qu’ils ressentent."

"Rennes ne veut pas lâcher. C’est bien, ça nous oblige à rester concentrés. Il n’y a pas de crainte par rapport aux concurrents, j’ai plus peur qu’on fasse des erreurs bêtes et qu’on se fasse punir. Ce serait une faute professionnelle de ne pas finir 2ème."

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